Littérature artificielle

En mars 2025, Benoit Raphael (Flint) a organisé pour l’OBS une compétition entre l’IA et le prix Goncourt Hervé Letellier. Il est courant de voir l’IA sous l’angle de sa supériorité ou de son infériorité par rapport à l’être humain, sous l’angle de la peur récurrente aujourd’hui du “grand remplacement” potentiel. Nous avons peur de disparaître, d’être supplantés, de nous voir contestés dans notre histoire, notre culture, notre identité.

Créer une revue littéraire de nos jours et ignorer la question de l’intelligence artificielle serait un signe de cécité. Nous avons, dès le premier numéro de Volutes, choisi de ne pas tomber dans ce piège, même au nom de la sacro-sainte littérature. Par contre, il nous semblait essentiel de faire notre pas de côté. L’angoisse d’être supplanté est un problème d’orgueil. Si on s’éloigne un peu, on s’interroge aussi sur l’adjectif artificiel. Après tout, la littérature n’est-elle pas l’exemple même de l’artifice ? Quelle est la véritable question posée : celle de l’authenticité de l’œuvre ? de l’identité de l’auteur ? de la qualité ?

Commençons par celle de l’authenticité. Le texte que nous lisons est-il de celui ou celle qui l’a écrit ? Cette question n’est pas propre à l’IA. Elle se pose sur le dernier livre d’un ancien Président de la République, elle se pose de nombreuses autobiographies de célébrité, elle s’est posée sur Emile Ajar.

Pour ce qui est de l’identité, là encore, rien de neuf à l’horizon. On s’interroge depuis des siècles sur celle d’Homère ou de Shakespeare.

Nous en venons à la qualité. Imaginons que nous trouvions une œuvre générée par une IA de qualité. Nous pourrions facilement considérer que cela n’a aucune importance, que, fidèles au Contre Sainte Beuve, peu importe l’auteur, pourvu qu’on ait l’ivresse de la lecture !

Nous avons ainsi décidé de vous amener au coeur de ces questions en vous proposant dans notre rubrique Littératures artificielles trois nouvelles, à partir d’une même consigne, pouvant être écrites par une ou plusieurs IA, différentes ou non, un ou plusieurs humains. Et pour corser le tout nous avons de même avec les illustrations.

Pour celles-ci on a un peu tordu les règles. Sur chaque illustration nos prompts ont été modifiés : nous avons guidé les IA dans leur inspiration, quand c’était des IA.

Au final nous vous invitons donc à lire trois nouvelles et à ensuite voter et jouer, dire ce que vous préférez, deviner qui a fait quoi. Ce jeu, le vote, est ouvert à tous et  dans le prochain numéro 2, nous vous donnerons le résultat.
Pour participer au vote, Vous pouvez scanner le qr code dans le premier numéro de la revue, ou cliquer sur le lien ci-dessous.